Le chardonnay

Histoire

 
Le chardonnay est le troisième cépage champenois par ordre d’importance. Il représente 30% de la surface cultivée totale du vignoble. L’origine historique de ce cépage au cœur de la Champagne reste comme bien souvent très mystérieuse ou en tout cas peu de traces écrites ne le mentionnent. Il est tout d’abord une évidence que la culture de la vigne et notamment celle à raisin blanc remonte à de très nombreux siècles. Au milieu du XVIe siècle, du vin blanc issu de raisin blanc y était produit mais sa qualité n’était que très peu prisée et très peu recherchée, les meilleurs crus produisant du vin rouge. Ce n’a qu’à partir du début du XIXe siècle avec l’avènement du vin de Champagne et la régression inexorable des vins rouges, que la culture des cépages à raisins blancs va prendre de l’essor et notamment celle du chardonnay. C’est à cette époque qu’est cité pour la première fois ce cépage sous l’un de ses nombreux synonymes « l’épinette blanche », le plus ancien nom champenois pour le désigner. Ce ne sera qu’aux environs de 1850 qu’apparait pour la première fois dans un document écrit le nom de « chardonnet ». Ce n’est qu’en 1898 qu’il prendra son orthographe définitive.

Caractéristiques

 
Les tests génétiques ont montré qu’il était le résultat du croisement du gouais et du pinot noir. Concernant son cycle végétatif, le chardonnay possède un débourrement précoce entre fin mars et fin avril, ce qui le rend très sensible aux gelées de printemps. Ce cépage à la particularité d’être sujet à la coulure et au millerandage au moment de la floraison. En effet, ses fleurs sont très sensibles à ce phénomène lors d’épisodes climatiques pluvieux ou des températures trop fraîches. De plus, il possède une maturation plutôt précoce qui le préserve le plus souvent des pluies d’automne et des assauts de la pourriture grise.

En ce qui concerne les maladies, le chardonnay est peu sensible au mildiou grâce à la nature de ses grappes et le plus souvent préservé de la pourriture grise grâce à la précocité de son cycle végétatif. En revanche, il est beaucoup plus sensible aux attaques de l’oïdium (autre maladie cryptogamique), de la flavescence dorée  et de la maladie de Pierce, deux maladies bactériennes transmise par la cicadelle (insecte piqueur et suceur de sève).

Comme les deux autres cépages champenois, le chardonnay est la cible d’un certain nombre de ravageurs tels que la pyrale, la cochylis ou encore le gribouri et la noctuelle.

Au niveau des sols, le chardonnay n’apprécie guère ceux trop riches ou trop humides et il a une prédilection pour des compositions majoritairement argilo-calcaires. D’une grande adaptabilité, il trouve néanmoins dans les sols crayeux de la Côte des Blancs et de la Côte de Sézanne des terrains sur lesquels il peut exprimer tout son potentiel organoleptique.

Vinification

 
Vinifié en Champagne, le chardonnay exprime le plus souvent de la finesse et de l’élégance mais aussi une certaine vivacité. Les vins de chardonnay exhalent des arômes de fleurs blanches (acacias, aubépine, tilleul), des notes d’agrumes (citron, pamplemousse) et des notes minérales. Ils sont aussi caractérisés par une bonne aptitude au vieillissement dont la résultante se traduit par des arômes tertiaires de noisette, café ou moka.

 

Sources d’information