La pourriture grise

La pourriture grise est une maladie cryptogamique due au champignon Botrytis cinerea. Fléau connu sur tous les vignobles du monde, elle peut causer certaines années des dégâts considérables. Mais la vigne n’est pas la seule cible de ce champignon. Le Botrytis cinerea est un champignon saprophyte qui s’attaque en général à de la matière organique morte ou en décomposition. Cependant, il peut tout aussi bien coloniser des êtres vivants comme différentes plantes telles que les rosiers. C’est la raison pour laquelle il est encore possible de voir parfois des pieds de rosier fleurir en bout de rangées de vigne. Cette plante est un indicateur pour le vigneron de la présence d’un foyer de Botrytis.

20130801_154003 Rosier en bout de rangée de vigne

Sur la vigne, la pourriture grise s’attaque à tous les organes de la grappe. Lors des printemps humides, lorsque le champignon colonise les feuilles, cela ne prête pas à conséquences mis à part l’apparition de quelques taches brunâtres. Ses effets sur la floraison sont, par contre, beaucoup plus néfastes sur le développement à venir des grappes. En effet, la contamination du Botrytis au moment de la floraison provoque un dessèchement irréversible de l’inflorescence entraînant une chute inévitable de la grappe. Mais ce sont sur les grappes déjà formées que les conséquences sont les plus graves. Le champignon se développe par expansion de son mycélium. Celui-ci est prompt à s’introduire au cœur de la baie au moindre interstice ou plaie béante. Ces plaies ont des origines aussi variées qu’une contamination à l’oïdium, des piqûres de guêpes, les orages de grêle. Une fois contaminées, les baies brunissent et pourrissent en se couvrant d’un voile gris.

Pourriture grise  Pourriture grise sur grappe

En Champagne, cette maladie est celle qui a le plus de conséquences tant quantitatives que qualitatives sur la production de raisins et de vins. Quantitative, elle en diminue les rendements car il faut le plus souvent séparer les grappes contaminées des grappes saines. Qualitative car les grains touchés par le Botrytis connaissent une déficience en degré alcoolique, une acidité plus réduite avec pour conséquence la fragilisation des vins, la présence d’enzymes susceptibles d’influencer les propriétés moussantes des vins, perte de finesse et de notes aromatiques des vins, teintes foncées dues à l’oxydation.

La lutte contre cette maladie est avant tout prophylactique comme la mise en place de procédés visant à réduire les sources de blessure des baies (notamment par la lutte contre les effets de l’oïdium) ou des pratiques culturales ayant pour objectif d’améliorer l’aération des grappes (ébourgeonnage, effeuillage autour de la zone fructifère). Si les actions prophylactiques n’ont pas été mises en place à temps, il existe quelques produits chimiques capables d’agir efficacement sur le développement du champignon.

 

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