Le pinot meunier

Histoire

 
Le pinot meunier est le deuxième cépage de la Champagne par ordre d’importance. Il représente 32% de la surface plantée du vignoble. A l’instar du pinot noir, c’est un cépage à grains noirs et chair blanche. Son nom lui vient de la couche duveteuse qui recouvre le dos de la feuille similaire en apparence à une couche de farine. Ce cépage a connu une évolution moins spectaculaire et son image souffre de sa rusticité. En effet, jusqu’à une période très récente, il n’était que peu utilisé. Ce n’est seulement qu’à partir du milieu du XIXe siècle que les premières maisons de négoce (dont la maison Chanoine) commencent à en planter de façon systématique. Il a su intégrer au cours des années les assemblages en y devenant aujourd’hui majoritaire dans certaines cuvées.

Historiquement, la première mention de ce cépage remonte au XVIe siècle. Mais il faut attendre le XVIIe pour en lire pour la première fois une trace écrite dans un manuel d’agriculture.

Caractéristiques

 
Le pinot meunier doit son récent succès au fait qu’il supporte des conditions climatiques plus rigoureuses que le pinot noir. Il possède un débourrement tardif ce qui le préserve la plupart du temps des gelées de printemps, très dévastatrices. De plus, ce cépage est très résistant aux grands froids de l’hiver ce qui fait de lui un cépage particulièrement apprécié et planté le long des versants mal exposés (nord) ou au pied des coteaux, situations privilégiées pour les gelées.

Concernant le sol, le pinot meunier n’apprécie guère les sols pauvres ou trop peu humides. Ceux qu’il préfère sont à composition siliceuses ou silico-argileuses. Il n’est pas du tout adapté à des sols trop calcaires. Ce sont pour ces raisons qu’on le trouve majoritairement dans la Vallée de la Marne, le Massif de Saint-Thierry et très peu par exemple, dans la Côte des Blancs ou la Côte des Bar.

Concernant son cycle végétatif, celui-ci est d’une durée approximative de 170 jours de son entrée en végétation jusqu’à la maturité des baies. La floraison est légèrement plus tardive que celle du pinot noir ce qui le rend plus sensible à la coulure et au millerandage.  Sa maturité est de 1ere époque tardive.

Ayant des grappes très compactes et des baies très serrées les unes aux autres, lors de périodes pluvieuses  l’eau peut avoir du mal à s’écouler entre les grains de raisin et même peut avoir tendance à y stagner. Cette stagnation, doublée d’une température extérieure relativement clémente, est la condition idéale pour l’apparition de maladies cryptogamiques (d’origine fongique) telles que l’oïdium, le mildiou ou la pourriture grise.

De plus, à l’instar du pinot noir, le meunier est la cible d’un certain nombre de ravageurs tels que la pyrale ou la cochylis.

Vinification

 
Bien que rarement vinifié en mono cépage, le pinot meunier donne des vins sans conteste moins fins et moins nerveux que ceux issus de pinot noir. Il a de plus la caractéristique de manquer parfois d’acidité au cours de son évolution et de vieillir plus vite. Cependant, lors de ses jeunes années sa fraîcheur permet, dans le cas d’assemblage, d’apporter ce supplément de vivacité qui pourrait éventuellement faire défaut lors d’années très chaudes. Sa plus grande qualité demeure néanmoins son fruité à travers lequel exhalent couramment des arômes de fruits blancs (pomme, poire), d’agrumes ou de fruits rouges.

Sources d’information